• Stéphane Boistard

Lettre de Septembre (2019)



Bonjour,

Je ne mesure pas à quel point ces lettres sont lues. Parfois je reçois un message en retour, bien souvent un encouragement. Parfois, certaines personnes m'écrivent en mentionnant recevoir ces lettres depuis quelques années. Nous avons donc un lien.

Car ces lettres sont pour moi un lien avec vous qui lisez.


Cette notion de "lien" est une notion qui revient fortement dans ma vie actuellement.

Cette lettre marque un tournant dans mon travail de transmission, avec de nouvelles orientations dans mon agenda, pour partager ce que je vis. En cliquant sur les liens suivants, vous pouvez aller sur mon Agenda et y trouver de nouvelles propositions (jeûnes, petites rencontres tribales, voyage au Mexique...) ou aller sur de nouveaux textes sur mon blog Inspirations.


La dernière formation de Gemmothérapie que je donne pour l’instant est en fin octobre, dans l’Hérault. Ensuite je ne sais pas si je vais poser d’autres dates sur ce thème. Je laisse passer quelques mois pour voir.


Je mets un terme (pour l'instant) à l'enseignement de la gemmothérapie. Plus que l'enseigner, je souhaite la partager selon les occasions. Car la gemmothérapie est aussi une histoire de liens. Au delà d'un enseignement sur des connaissances, j'aime partager sur un lien aux plantes, un lien au monde, un lien à la vie. Laisser la joie, la paix émaner quand nous partageons sur ces sujets. Explorer ensemble. Autour d'un feu, dans la fatigue d'un jeûne, dans le rire, les mots et les silences...


Car je dois vous avouer que je ne sais plus trop ce que je sais. Mes connaissances semblent s'écrouler. Tomber. Elles aussi. Le monde et ses fonctionnements me deviennent mystérieux.

Plus le mystère se densifie, plus j'ai l'impression de plonger dans une faille. La faille béante de mon mental, de cette partie qui imagine contrôler le monde, ses représentations, ses règles, ses liens de causes et conséquences... Ce mental qui semble parfois oublier qu'il est au service de l'Être plutôt qu'au service de l'ego. Dans ce processus de chute, l'identité semble s'évaporer. Je ne sais plus qui je suis. Ni ce que je suis. Je regarde cette main, et je me demande qui regarde. Essayez. En regardant la main, qui regarde? Quelle merveilleuse observation que cette main.

Car cette brèche dans le mental, dans l'identité, est à la fois une chute, et une occasion de tester les ailes dont les anges nous ont doté.

Car la chute est légère et vaporeuse. Presque savoureuse...


Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre ces changements.

Presque à notre insu.

Il y a un mouvement de grande ampleur.


Un mouvement à la fois inquiétant, car il nous pousse à ces changements intérieurs que nous sentons nécessaires (dont nous percevons que nous ne pouvons pas nous soustraire, qui soulèvent des peurs et des résistances) et à la fois un mouvement intérieur porté, "ailé", qui génère une foi qui semble émerger d'on ne sait où.

Une lumière nous traverse et change notre regard et toute nos perceptions.

Le regard inverse son mouvement. A la place d'un monde extérieur qui est perçu par le regard (comme si ce monde extérieur rentrait en nous par notre regard), il y a une présence qui s'ouvre et pose une vue sur ce qui l'entoure de façon légère, sans poser de poids sur ce qui est regardé. D'ailleurs, dès que notre regard devient trop lourd pour notre vision, il juge, étiquette, crée une histoire. D'un seul coup, il y a une densité qui apparaît. La présence intérieure semble s'effacer dans cette densité.


Plus nous nous racontons d'histoires, plus nous donnons de l'importance à notre rôle, à nos activités, plus la densité nous rattrape et nous pousse à l'extérieur de nous même. Et plus l'espace paisible observe, plus il génère une énergie douce et légère sur le monde. Une lumière que le regard apporte. Si Dieu est la "lumière dans laquelle les choses apparaissent", il y a surement un ange qui regarde quand nous regardons. Légers. Le regard de Dieu qui regarde ce qu'il a créé. Et nous devenons transparents, la fine enveloppe qui perçoit le mouvement. Comme un souffle léger fait mouvoir discrètement la feuille de l'arbre.


Durant l'automne, de nombreuses feuilles d'arbres vont tomber. Si nous regardons avec ce regard léger, nous accompagnerons ces feuilles dans leur vol vers le sol. En automne, les arbres posent sur le sol ce que nous regardons en l'air habituellement. Autrement dit, ils déposent le ciel sur la terre.

Là où nous marchions sur la terre, nous avons des feuilles.

Les feuilles sur l'arbre forment une nappe feuillée, une "canopée", qui est en quelque sorte une prairie en hauteur, le territoire des oiseaux. En mettant les feuilles au sol, couleur de terre, les arbres nous rappellent qu'ils nous voient aussi comme des oiseaux. Avec nos ailes de lumière. L'arbre le voit. Il voit cette présence légère et lumineuse que chacun porte en soi. Alors il abaisse un peu ses branches. Il dépose ses feuilles.


J'ouvre le livre de Nisargadatta: "Une fois que vous avez réalisé que l'individu n'est qu'un reflet de la réalité, mais pas la réalité, vous cessez de vous agiter et de vous tracasser. Vous acceptez d'être guidé de l'intérieur et la vie devient un voyage dans l'inconnu".


Je vous souhaite un bel automne et de la douceur. En ces jours déclinant, la douceur est un cadeau précieux à s'offrir et à partager.


Stéphane

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