• Stéphane Boistard

Que reste-t-il : essai



Que reste-t-il quand tout semble s'évanouir dans le gouffre de l'illusion.

Quand même le gouffre est une illusion.

Que reste-t-il quand plus rien ne compte. Ni la vie. Ni la mort.


S'allonger.

S'abandonner.

Rester juste dans la respiration. Quand le souffle devient léger. Presque imperceptible. Si ténu qu'il réclame une attention pour être observé.


Que reste-t-il quand immobile, l'ange observe le mouvement.

Impassible.

Présent.


Dans le regard de l'ange, tout s'écroule.

Tout s'effondre.

Toute tentative de saisir est vaine.

Toute énergie à changer le cours des choses est une perte d'énergie.

Tout effort est un effort passager.

L'effort est le frisson dans l'invisible.

Le battement d'aile qui signale la présence.


Et l'ange redevient cet être imperceptible pour le monde.

Si imperceptible qu'il faut descendre suffisamment en soi pour le sentir.

Il faut rester dans l'immobilité de la vie pour sentir sa présence.

Percevoir que son énergie est en tous. Et en tout.

Tout effort est vain.


L'ange reste impassible.

Un battement d'aile.

Un souffle léger.

Une présence imperceptible.


Et pourtant, cherchant l'absence de sens à un monde qui s'agite sur lui même, il arrive que l'on perçoive sa présence.

L'ange ne se cache pas.

Il reste impassible derrière les choses.

Il attend que notre perception s'habitue.


Il est si facile d'adapter ses yeux au noir, à la nuit, et à la fois si compliqué d'adapter ses yeux à la lumière.

L'ange réside dans la transparence des choses.

Les plumes de ses ailes sont de fins rais de lumière.


Sa respiration est un murmure.

Il murmure dans le vent, dans les feuilles des arbres et dans les cheveux de cette femme.

Il murmure et un souffle crée le mouvement de l'air.

Il murmure et observe. Présent.


Dans tout ce que je vois, il y a l'ange.

Dans cette main, dans ce meuble, dans cette lampe, il y a l'ange.

Car l'ange est dans mon esprit.

L'ange attend, derrière le miroir sans teint de nos illusions.


L'ange est dans ton regard.

L'ange est dans ton esprit.

Car il n'y a pas d'esprit, il y a juste l'ange.


Quand tu cessera de croire,

quand tu cessera de courir après les chimères,

il apparaitra.

Car il est toujours là.


Nous ne sommes rien.

Rien à l'échelle de millénaires.

Rien à l'échelle d'un univers.

Suffisamment rien pour qu'en nous abandonnant dans cet abîme,

nous tombions finalement que dans la lumière.


Et le regard ébloui nous percevions la silhouette de ce que nous avons toujours été.

Une vaste lumière dont les contours sont finement ailés.



photo: Geralt sur Pixabay

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